Témoignage : Nombreux séjours à l'hopital.
Envoyé par *****, le 26/09/2009 à 22h41.
Bonjour,
J'ai 16ans, je suis anorexique-boulimique depuis plus de 3 ans.
Tout à commencer par un simple "régime"...
J'étais une petite fille gaie, j'aimais la vie. Depuis toute petite, j'étais en léger surpoid et j'étais très grande pour mon âge, du coup j'ai été rejetée par les autres enfants... Très vite ( maternelle ! ), je suis devenue hyperactive. A l'âge de 7 ans, après mon déménagement ( 800km ), j'ai commencé à me battre avec les autres et à insulter les professeurs. Mes parents ne me tenez plus, ils avaient même été jusqu'à me faire croire qu'ils allaient m'enfermer avec les fous. Sauf que personne n'a compris, ou plutôt n'a chercher à comprendre d'où venait ce mal être si jeune... Du rejet des autres ? De la peur de mon père ? Non. Ou du moins, ce n'était qu'une partie infime. La vérité était bien plus traumatisante pour une enfant de mon âge. Pendant 3 ans j'ai été victime de pédophilie et d'inceste... J'ai été suivi par un psy à ce moment là pourtant, et même lui n'a pas su analyser correctement mon comportement. Je lui en veux. Je leur en veux.
Les années ont passé et à mon entrée au collège, je n'avais plus qu'un ami, qui lui aussi était rejeté. Mon meilleur ami. Pendant la première année, j'ai reçu des coups, des insultes, je me suis fait cracher dessus. Tous les jours. Une fois, je suis même revenue avec une double entorse chez moi, prétextant être tombée. En réalité on m'avait fait un croche-patte et on m'avait rouée de coups au milieu du couloir.
Ce fameux mois de décembre 2005, j'avais lâché prise en sport, je m'étais mise à pleurer et je ne pouvais plus m'arrêter. A la fin du cours, mon professeurs avait été voir ma CPE pour lui en parler et elle m'avait envoyée voir la psychologue scolaire. Je m'étais confiée, un peu, je lui avais dit que j'avais envie d'en finir, ce à quoi elle avait répondu que ce n'était pas la bonne solution. Et puis quoi ? Rien. Après, ils sont passés à autre choses.
En janvier 2006, à bout de force pourtant, j'ai commencé un "simple régime". Rien de grave, juste le midi en moins...puis le matin...et le gouter. Et j'ai fini par diminuer progressivement mon alimentation du soir, sans aucune réflexions. J'ai fait plus de sport, bien plus. Tout le monde m'encourageait à perdre du poids. En même temps que ce régime, j'ai commencé à me scarifier, seul mon meilleur ami était au courant. Puis en avril 2006, j'ai fait une crise d'angoisse : hyper-ventilation, spasmes, tremblements, visions flou, etc... Et c'est là que mon infirmière scolaire à vu mes bras pour la 1ere fois. Elle à prévenu ma mère. J'ai été voir une psychologue : 1 fois, 1 heure, avec ma mère. Autant dire que je n'ai pas dit un mot de tout l'entretien. Et puis 5 jours après, je rentrais en urgence à l'hôpital a cause d'une péritonite. Du coup je ne suis pas retournée voir la psy, et la vie à continué.
J'ai accumulée les crises d'angoisses, tout les jours. J'étais à bout de forces, à bout de nerfs. Physiquement et moralement. J'étais en état hypoglycémie quasiment tous les jours sans que personne ne le sache, ou en tout cas ne le dise, je ne tenais plus.
En juin 2006, je me suis retrouvée aux urgences après un malaise : complètement déshydratée et en hypoglycémie sévère, sans parler des multiples carences. C'est là, là que pour la première fois un médecin a compris que j'étais malade. Ce fut la première fois qu'on me fit remarquer que mon régime n'en était plus un, qu'à 15 d'IMC, j'étais trop maigre. Elle, cette interne en pédo-psychiatrie, prononça ces huit lettres, trop imposantes, pour la première fois devant moi : A-N-O-R-E-X-I-E. Choc. Moi, la grosse, anorexique ?! Non. Je refusais de l'entendre. Vous croiriez un médecin si il vous disait que vous êtes anorexique alors que 7 mois avant il vous disait que vous étiez en surpoids ? Non. Je ne l'ai pas cru car je me voyais encore grosse. Je ne l'ai pas cru parce que pendant près de 10 ans on m'a rabâché que j'étais en surpoids, qu'il fallait que je mange moins. Je ne l'ai pas cru car je ne voulais pas avouer que j'avais perdu le contrôle. Finalement, j'ai était hospitalisée pendant 1 semaine et je suis sortie avec un contrat de poids : à la rentrée je devais avoir pris au minimum 5kg.
Les vacances sont passées, je me scarifiais tout les jours, je ne mangeais plus, ou des portions infimes, les repas étaient des calvaires. Je ne me dépensais plus, je n'avais plus la force.
Finalement je suis rentrée au collège comme prévu, et c'est là que pour la première fois, j'ai raconté à mon meilleur ami ce qui s'était passé dans mon enfance. Il a tout répété a l'assistante sociale de mon collège qui m'a convoquée et finalement mes parents ont été mis au courant. Mon père ne m'a pas adressé la parole pendant 1 mois. Et puis j'ai eu mon rendez vous chez la gastroentérologue : - 10kg, 11 de IMC. Cette fois, je n'irai pas plus loin.
C'est comme ça, qu'en septembre 2006, j'ai était hospitalisée réellement pour la 1ere fois. J'ai été sondée et en isolement, puis j'ai été transférée à Bordeaux ( 250 km de chez moi ) le 22 mai 2007. La bas, j'étais en école spécialisée ( FSEF ), j'y suis restée 1 mois et demi. Avant d'arriver dans cette clinique, j'avais repris tout mon poids perdue ( même plus ! ) à cause des crises de boulimie. Mais dans cet FSEF j'ai reperdu une bonne partie du poids pris pendant mes 9 mois d'hospitalisation ( J'avais repris 42kg en 9 mois et j'ai reperdue 19kg en 1 mois et 3 semaine ).. J'ai fait 4 fugues et 3 tentatives de suicide dans cette clinique, et finalement, j'ai été virée et renvoyée à Toulouse. La-bas, j'ai fait un arrêt cardiaque et je suis restée 3 semaines en réanimation à l'hôpital des enfants. Ensuite j'ai été en pédo-psychiatrie en hôpital de jour et je suis sortie le 2 novembre 2007. IMC = 19.
Je suis restée un an sans hospitalisation, je passais de phases d'anorexie à des phases de boulimie, en accumulant les malaises ( hypotension & hypoglycémie ) et en octobre 2008, je me suis retrouvée aux urgences suite à un traumatisme crânien léger en tombant dans les escaliers ( à cause justement d'un malaise ). J'ai était hospitalisée 2 mois en hospit' de jour puis 1 mois en hospitalisation complète, puis je suis sortie.
J'ai continué à faire des malaises jusqu'au 10 mai 2009, où j'ai été amenée aux urgences par les pompiers. La bas, j'étais à 0.33 de glycémie, déshydratée et en grande carence de potassium ( dû aux vomissements ), du coup mon coeur s'emballait complètement des que j'étais debout... Depuis, je suis hospitalisée, et même si on peu croire que tout ça n'a servi a rien finalement, je dirai que c'est faux. Maintenant, je suis consciente de ma maladie ( et ça ne date pas de très longtemps ! ). Sans oublier que maintenant, je veux vraiment m'en sortir... On peux tous s'en sortir, j'y crois sincèrement.